J'ai toujours voulu me convaincre que j'aimais les repas en famille.
J'ai toujours voulu m'en convraincre car ma famille ne se réuniait presque jamais et que ça me manquait.
J'ai toujours voulu m'en convaincre parce que découvrir un peu plus de choses sur les gens de mon sang me plaisait.
J'ai toujours voulu m'en convaincre car j'aurais aimé une grande et longue table, une bonne bouteille de vin et des blagues à n'en plus finir.
Et aujourd'hui... Je me suis rendu compte d'une chose. Je déteste les repas de famille. Les gens ne sont bons qu'à se critiquer les uns les autres et tu te dis que quand c'est toi qui n'est pas présent, tu dois bien en prendre pour ton grade. Et pourquoi toutes les familles se sentent obligées d'avoir des secrets ? Pourquoi cacher autant de choses ?
Comme ce carnet. Ce putain de carnet. Pourquoi me l'a-t-elle caché ? Et pourquoi le ressortir aujourd'hui ? Je l'ai feuilleté, tranquillement, ne me doutant pas de ce que je trouverais à l'intérieur. Des choses sans aucun sens, des bouts de vie, les dernières pensées d'un homme d'exception. Et ça fait mal de relire ça sachant que y'a un an et demi, il tenait encore ce carnet dans ses mains. Et que y'a encore un an et demi, je venais lui rendre visite, dans sa chambre d'hôpital, n'osant presque pas l'affronter du regard. Je me goinfrais de kit kat et de twix parce que l'hôpital ça me stresse tellement que je suis obligée de manger pour ne pas pêter un plomb.
Pourquoi ça me met tant en colère et me rend si triste ? J'aimerais pouvoir l'expliquer. Parce que ce carnet c'était comme son moyen de laisser une trace, un petit quelque chose qu'on lirait en repensant à lui. Alors je lui en veux de le laisser dans ce coffre, dans sa chambre, comme s'il n'y avait qu'elle qui avait droit de relire ses pensées. Je lui ai demandé pourtant. Je lui ai dit que j'aimerais bien le garder avec moi. Et me répondre qu'elle sait comment je range mes affaires, j'ai trouvé ça déplacé. Certes, je suis une bordélique mais ce carnet, je l'aurais gardé comme la chose la plus précieuse à mes yeux.
Et puis les repas de famille, ça ne parle jamais de choses gaies. On reparle des morts, des enterrements, des mariages foireux qui ont terminés en baston, des alcooliques, des cons... Mais le plus fou c'est qu'on trouve à en rire. J'ai rigolé. Beaucoup. Comme quand dans ce carnet, il avait écrit une bonne vingtaine de fois le nom de son docteur, car il ne savait pas l'orthographier. Ou comme cette phrase sur les cons : "J'ai remarqué que les cons, ils étaient toujours heureux.", ce qui n'est pas faux, avouons-le. Ou les éponges à donner au chien du voisin. Ce qui empêche le chien de faire ses besoins {Légèrement pervers et sadique, n'est-ce pas ?}. C'est un bon moyen de se moquer des gens, les repas de famille. "De toutes façons, elle dirige tout : les enterrements, les mariages, les bar mitzvah..."
Ca finit sur des débats philosophiques sur les psychologues, la dépression, l'alcoolisme... et j'en passe des plus joyeux.
Les repas de famille se ressemblent-ils tous ? Ou est-ce ma famille qui déconne ? Peut-être un peu des deux, qui sait ? Mais toutes les familles ont leurs problèmes non ? Ne vous croyez pas épargnez parce que ces repas-là se passent bien. Ne pas se voiler la face. Jamais. Mais je me dis que je ne suis peut-être pas si mal lottie que ça. Que j'ai une mère qui m'aime et des gens adorables autour de moi.
Alors relativisons !
Je déteste les repas de famille mais j'ai au moins la chance d'en avoir une, de famille...
Comme ce carnet. Ce putain de carnet. Pourquoi me l'a-t-elle caché ? Et pourquoi le ressortir aujourd'hui ? Je l'ai feuilleté, tranquillement, ne me doutant pas de ce que je trouverais à l'intérieur. Des choses sans aucun sens, des bouts de vie, les dernières pensées d'un homme d'exception. Et ça fait mal de relire ça sachant que y'a un an et demi, il tenait encore ce carnet dans ses mains. Et que y'a encore un an et demi, je venais lui rendre visite, dans sa chambre d'hôpital, n'osant presque pas l'affronter du regard. Je me goinfrais de kit kat et de twix parce que l'hôpital ça me stresse tellement que je suis obligée de manger pour ne pas pêter un plomb.
Pourquoi ça me met tant en colère et me rend si triste ? J'aimerais pouvoir l'expliquer. Parce que ce carnet c'était comme son moyen de laisser une trace, un petit quelque chose qu'on lirait en repensant à lui. Alors je lui en veux de le laisser dans ce coffre, dans sa chambre, comme s'il n'y avait qu'elle qui avait droit de relire ses pensées. Je lui ai demandé pourtant. Je lui ai dit que j'aimerais bien le garder avec moi. Et me répondre qu'elle sait comment je range mes affaires, j'ai trouvé ça déplacé. Certes, je suis une bordélique mais ce carnet, je l'aurais gardé comme la chose la plus précieuse à mes yeux.
Et puis les repas de famille, ça ne parle jamais de choses gaies. On reparle des morts, des enterrements, des mariages foireux qui ont terminés en baston, des alcooliques, des cons... Mais le plus fou c'est qu'on trouve à en rire. J'ai rigolé. Beaucoup. Comme quand dans ce carnet, il avait écrit une bonne vingtaine de fois le nom de son docteur, car il ne savait pas l'orthographier. Ou comme cette phrase sur les cons : "J'ai remarqué que les cons, ils étaient toujours heureux.", ce qui n'est pas faux, avouons-le. Ou les éponges à donner au chien du voisin. Ce qui empêche le chien de faire ses besoins {Légèrement pervers et sadique, n'est-ce pas ?}. C'est un bon moyen de se moquer des gens, les repas de famille. "De toutes façons, elle dirige tout : les enterrements, les mariages, les bar mitzvah..."
Ca finit sur des débats philosophiques sur les psychologues, la dépression, l'alcoolisme... et j'en passe des plus joyeux.
Les repas de famille se ressemblent-ils tous ? Ou est-ce ma famille qui déconne ? Peut-être un peu des deux, qui sait ? Mais toutes les familles ont leurs problèmes non ? Ne vous croyez pas épargnez parce que ces repas-là se passent bien. Ne pas se voiler la face. Jamais. Mais je me dis que je ne suis peut-être pas si mal lottie que ça. Que j'ai une mère qui m'aime et des gens adorables autour de moi.
Alors relativisons !
Je déteste les repas de famille mais j'ai au moins la chance d'en avoir une, de famille...


